Le 4-3-3 grince, les Bleus coincent
L'équipe de France n'a pas confirmé son bon
premier match de préparation face au Costa Rica et a peiné dimanche à
Radès pour arracher l'égalisation contre la Tunisie avec un but de
Gallas (1-1), alors que le 4-3-3 a montré ses limites et ses failles
défensives. Face à des Tunisiens (55e
rang Fifa, les Français sont 9e) plus rapides et agressifs que les
Costaricains, les Bleus ont déçu. Raymond Domenech voulait que
ce test de dimanche soit un "vaccin" avant le troisième match de poule
du Mondial contre l'Afrique du Sud chez elle : à moins de deux semaines
de la Coupe du Monde de la FIFA, un rappel sera nécessaire. Il reste un
match amical le 4 juin à la Réunion contre la Chine pour apporter des
corrections. Alors que son mollet gauche
avait tenu toute la France en haleine pendant la préparation à Tignes,
c'est la tête de Gallas, sur un coup franc de Gourcuff, qui a permis aux
Bleus d'égaliser (1-1, 63). Le Gunner est une des rares bonnes
nouvelles du match de dimanche, avec Gourcuff, qui rayonne en Bleu
après sa fin de saison difficile à Bordeaux. Comme face au Costa Rica mercredi à Lens, les Bleus
encaissèrent un but dès le début du match, cueillis à froid par deux
Tunisiens évoluant en L1: Ben Khalfallah (Valenciennes) trouvait la
faille entre Gallas et Toulalan pour trouver Jemaa (Lens), bien seul au
second poteau (1-0, 6e). Equipe
coupée en deux Mais c'était la seule comparaison possible
avec le match de mercredi. Car l'allant des Français contre le Costa
Rica n'était plus là. Les bons côtés du 4-3-3 étaient comme estompés,
tandis que les défauts ressortaient cruellement, à savoir une défense à
cinq éléments (avec Toulalan devant la ligne arrière de quatre éléments)
complètement coupée du reste de l'équipe. Et il n'en fallait pas plus à l'intenable Ben Khalfallah, qui prit
le meilleur sur Gourcuff et Evra, et eut encore une grosse occasion
(17e). Après la pause, Domenech fit
entrer Planus (1re sélection) à la place d'Abidal en charnière centrale.
Le sélectionneur est-il déçu par la prestation d'Abidal, qui joue à
gauche et non dans l'axe au Barça ? Gallas, qui n'avait joué
qu'une mi-temps contre le Costa Rica, poursuit en revanche sa montée en
régime et a tenu plus d'une heure, s'offrant le but de l'égalisation en
prime. C'est rassurant pour la suite. Les
cinq éléments offensifs du 4-3-3 français ne sont pas arrivés cette
fois à emballer le match comme à Lens. Les Bleus ont-ils payé
la décontraction d'un stage familial en Tunisie? Ont-ils envisagé ce
match de façon trop "amicale"? Les Bleus, en tout cas, ont
mieux tenu le coup physiquement que des Tunisiens un peu émoussés en fin
de match. Ribéry bousculé Les
Aigles de Carthage, soutenus à pleins poumons par un Stade de
Radès qui s'est rempli après le coup d'envoi (près de 60.000 personnes),
avaient observé soigneusement le match des Bleus face au Costa
Rica. Et ils avaient pris leurs précautions face au fameux côté gauche
des Tricolores, "surarmé" avec Evra, Malouda et Ribéry. Le
joueur du Bayern Munich eut ainsi droit à un traitement de faveur, comme
ce "tampon" de Ifa juste avant la mi-temps. Comme à Lens, Ribéry et Gourcuff furent les deux joueurs à sortir
du lot et à essayer de créer, de varier, de renverser. En vain pendant
la première période. Gourcuff envoya
ainsi son coup franc sur Gallas, qui manqua de peu (15e), Ribéry tira
juste à côté (23e) puis trop mollement (35e). Malouda buta quant à lui
sur le gardien tunisien (45e). Après la
pause, Domenech choisit de faire rentrer Henry à gauche à la place de
Ribéry, sans doute pour épargner à ce dernier des coups supplémentaires. Anelka, après le but égalisateur de Gallas,
fut quant à lui remplacé par Gignac. Valbuena, buteur contre le Costa
Rica, lui, n'est pas rentré. Il aurait peut-être fallu le faire. |