«Nous
allons jouer pour remporter la coupe de la CAF. En championnat
national, nous visons la première ou la deuxième place, un classement
qui nous permettrait de participer à la ligue des champions», déclarait
il y a quelque temps, Pierre Lechantre, entraîneur du Club Sportif
Sfaxien. Le technicien français, secondé par Nabil Kouki et tout en
gardant le cachet propre aux «Noir et Blanc», a apporté une nouvelle
touche au jeu des Clubistes qui ne se contentent plus de leur football
technique et quelque peu spectaculaire. Les joueurs ont appris avec
Lechantre à être plus incisifs, plus réalistes et à pratiquer un
football plus physique.
Zanako en point de mire
Des
objectifs visés par les Clubistes sfaxiens c’est, aujourd’hui, la coupe
de la CAF qui accappare les esprits. Après le nul (0-0) ramené
d’Alexandrie face aux Egyptiens de Haras Al Houdoud et la brillante
victoire au Stade Taïeb Mhiri de Sfax (3-0) aux dépens des Marocains du
FUS de Rabat, les Clubistes sfaxiens seront, samedi 11 septembre, à
Lusaka, capitale de la Zambie, pour affronter Zanako, l’équipe locale
pour le compte de la troisième journée du groupe. Premier de son
groupe, le représentant tunisien dans cette coupe continentale n’a en
tête que la victoire pour conforter davantage sa place en tête du
classement et bonifier ses chances pour le passage en demi-finale. Le
carré d’as passe à un pourcentage assez élevé par Lusaka, car une
victoire en Zambie avant d’affronter les Egyptiens à Sfax et le FUS de
Rabat en déplacement au Maroc serait presque un visa pour le prochain
tour.
Ils ont réappris à marquer
Timides
devant en championnat avec seulement deux buts en trois matches, les
Clubistes de Pierre Lechantre allaient vite se retrouver et renouer avec
plus de percussion avec le chemin des filets en passant un net trois à
zéro au FUS de Rabat pour le compte de la deuxième journée des groupes
de la Coupe de la CAF puis en croisant le fer lors des deux derniers
matchs amicaux face au CS M’Saken, trois buts à zéro, et contre le Stade
Tunisien qu’ils ont battu par deux buts à zéro. Avec quelques
retouches apportées par l’entraîneur Pierre Lechantre au niveau des
postes, une discipline plus rigoureuse, le réveil de Hamza Younès suivi
par celui d’Usché Ogba, le retour de Dominique et, surtout, l’arrivée de
jeunes talents assoiffés de football, le Club Sportif Sfaxien a,
définitivement fait oublier à ses supporters toutes les misères des
deux saisons précédentes.
Un nouveau buteur
La
réorganisation apportée par Pierre Lechantre sur le terrain a permis à
certains joueurs d’apparaître différents de ce qu’ils étaient et
l’exemple nous vient d’Amine Abbès, habitué à évoluer entre la ligne des
16 mètres et le rond central. Amine Abbès, qui bénéficie maintenant
d’une plus grande liberté de manœuvre, a appris à monter plus haut pour
se mêler à ses coéquipiers de l’attaque et goûter au plaisir de flirter
avec les filets. Amine Abbès avance, dribble et marque et c’est cela le
nouveau visage du CSS. En football, il y a l’art de conduire une
équipe, de poser les jalons d’une géométrie de jeu que les joueurs sont
appelés à respecter. Il y a aussi le talent qui fait souvent la
différence et que tout entraîneur intelligent sait apprécier et
encourager pour mieux l’exploiter au profit du groupe. Au CSS, ils
s’appellent Ali Maâloul, Amine et Hachem Abbès, Ibrahima Touré, Wassim
Kammoun et l’école sfaxienne n’a pas fini de donner naissance à de
futurs talents. Pierre Lechantre a vu juste, les dingeants aussi et
c’est maintenant aux joueurs de confirmer et de prouver qu’ils sont
capables de faire revivre le CSS des Sassi, Graja, Dalhoum et celui des
Agrebi, Dhouib et le regretté Mohamed Ali Akid sans oublier le célèbre
Abbès Abbès, père des jumeaux et les Grioui, Cheikhrouhou et Hajri.